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Les "Six d'Achel" (Myrendal Kloster,
monastère de l'Epiphanie à Eygalières, communauté de Hooge Berkt)...

Un prolongement de ma quête sur le Père Angélus


L'abbaye d'Achel (Belgique - Limbourg), à la frontière avec les Pays-Bas



C'est lors de ma quête sur le Père Angélus que j'ai trouvé la trace de ceux qui - au début des années 1960 - étaient appelés les "Six d'Achel". S'il est vrai que la "page unique" sur Angélus regroupe toutes mes recherches, il est vrai aussi que l'aspect un peu chaotique de ma quête demande de la patience et du temps ! J'ai regroupé sous le présent titre tout ce qui se rattache à ces moines trappistes qui voulaient vivre leur foi plus simplement. Ce n'est pas une synthèse, c'est une compilation des éléments recueillis au fil du temps. On le verra j'ai pu échanger par écrit et oralement avec certains d'entre eux, j'en garde un souvenir très fort.



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Débutée en 2007, ma quête m'a amené bien plus loin que je ne l'aurais jamais pensé ! il s'agissait pour moi de savoir ce qu'était devenu ce moine trappiste qui, en 1955, avait répondu à un ballon que j'avais envoyé dans les airs ... Après quelques mois voici ce que j'écrivais sur ma page initiale ...

J'ai profité de ce 1er mai 2008 pour trier un peu la documentation recueillie et faire un dernier point sur mes recherches. C'est ainsi que j'ai retrouvé deux compagnons du Père Angélus que j'avais identifiés à l'occasion d'une piste suivie sur ce qui me semble encore être (toutes proportions gardées) un "mouvement revendicatif" des moines au début des années 1960 .

Les Pères abbés avaient éprouvé, avant même 1960, le besoin de se réunir hors des Chapitres Généraux pour "discuter" et tenter de trouver ensemble des solutions à propos de la vie dans leur communauté … Ces réunions n'étaient pas interdites mais leur objectif était très limité comme l'indique cet extrait d'un document de travail : """ Rien n'empêche les Pères abbés de se réunir pour discuter ensemble de leurs problèmes, mais ces rencontres doivent demeurer sur le plan de l'amitié. Le Chapitre Général déclare qu'il ne reconnaîtra aucun caractère officiel à ces assemblées et que celles-ci doivent s'abstenir de prendre des décisions et même de formuler des voeux pris en commun (CG 1960, p. 11)""".

Au cours du chapitre général de 1964 Dom Gabriël van de Moosdijk , supérieur d'Achel posa le problème " de l’urgence et de l’importance des questions qui préoccupaient alors beaucoup de jeunes et fervents moines" … Il parla de la situation créée dans sa communauté du fait qu’un groupe de six jeunes moines, parmi lesquels se trouvait son prieur, désiraient quitter Achel pour fonder une « communauté monastique simplifiée ». Dom Ignace Gillet, Abbé Général de l'Ordre, créa alors une petite commission pour étudier la situation de ces "Six d'Achel".

Cette fondation expérimentale a été faite le 6 août 1966 au Danemark (Myrendal Kloster - Ile de Bornholm) avec la permission de l’Ordre et du Saint-Siège. Elle fut incorporée à l’OCSO, et approuvée comme prieuré autonome par le Chapitre Général de 2002.



Mon Père Angélus pouvait-il être de ces "Six" ? Je ne le crois pas ; lorsque Dom Gabriël posa le problème, en 1964, le Père Angélus ne pouvait plus être considéré comme un "jeune" moine. (peut-être aurait-il pu être considéré comme un "jeune prieur" mais il était "portier"). Quoiqu'il en soit, il a connu et côtoyé ces "Six d'Achel" parmi lesquels j'ai pu identifier :

- le Père Dom Frans van Haaren. Né en 1933 à Herpen (Pays-Bas), entré à Achel en 1951, il a fait profession solennelle en 1956 et a été ordonné prêtre en 1965 . Supérieur de Myrendal Kloster, il en fut élu le Prieur Titulaire en 2002. Il est décédé le 17 juin 2007, à l'âge de 74 ans, il totalisait 53 ans de profession monastique et 41 ans de sacerdoce.

- le frère Bas van Vessum dont j'ai retrouvé la trace et une photographie dans un article d'une revue catholique danoise en date du 6 septembre 2007 (cet article évoque la mort du "prior Frans"). Le frère Bas compte alors 41 ans de présence à Myrendal (il est donc arrivé au Danemark en 1966 et faisait partie des "Six d'Achel") et totalise 54 ans de vie monastique , ce qui permet de préciser qu'il est entré à Achel en 1953. Je place quelques photographies ci-dessous.



Le Frère Bas van Vessum
Frères en prière chapelle Myrendal
La chapelle du prieuré de Myrendal
Le Frère Bo et vue prieuré


Je place ci-après deux vues aériennes pour compléter l'information sur Myrendal ; le Nord de l'île de Bornholm et le Prieuré de Myrendal.


Myrendal se trouve à 5,5 km de Allinge dans le Nord de l'Ile de Bornholm.



Dans le cercle se trouve la Chapelle dont on distingue le "clocheton" et son ombre portée....




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16 décembre 2008, en soirée j'ai reçu, via le formulaire de ma page web, un commentaire de Monsieur René de Vos résidant Victoria au Canada et né à Haarlem (NL) en 1946. Il me fait part de son intérêt pour l'OCSO, m'indique l'adresse d'un site danois sur lequel j'ai trouvé une photographie du Père Frans van Haaren avec qui il a correspondu par le passé. Il m'est donc possible de compléter le tableau des compagnons du Père Angélus. Merci, René !

Petit rappel : Dom Frans van Haaren faisait partie des "Six d'Achel" qui avaient quitté l'abbaye en 1966 pour fonder au Danemark "Myrendal Kloster", sur l' île de Bornholm.

Le visiteur intéressé peut lire, en danois, l'article "in memoriam" signé par le Frère Bo en cliquant sur l'image ci-dessous.


Dom Frans Van Haaren, supérieur de Myrendal dès 1966.
Décédé le 17 juin 2007.





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Nous sommes le 17 février 2010, ce midi en relevant mon courrier j'ai remarqué tout de suite cette enveloppe blanche qui portait comme nom d'expéditeur " Père Pierre Schilling". Avant d'aller plus loin je prends le temps de quelques lignes pour vous expliquer.

La semaine dernière le Père Johannes - ancien d'Achel, aumônier du monastère des Visitandines à Lourdes avait pris contact avec moi après avoir découvert ma page. A cette occasion il m'avait notamment indiqué que - dans le cadre de mes recherches - je pouvais m'adresser au Père Aumônier du Monastère de l'Epiphanie à Eygalières (13810) ; il n'était pas certain qu'il soit toujours présent mais cet aumônier était un ancien moine d'Achel et, dans les années 54/56, le socius du Maître de Novices qui était alors le Père Emmanuel Van Gassel....""".


J'ai fait quelques recherches en direction de ce Monastère mais je n'ai pas trouvé de site ; j'ai donc écrit au Père aumônier, aujourd'hui j'ai eu sa réponse !


Quelle formidable surprise ! Le Père Pierre Schilling est cet ancien d'Achel que m'indiquait le Père Johannes. Agé de 84 ans, il me fait l'amitié d'une correspondance et de plusieurs photographies (une de lui, d'autres du monastère et de la chapelle). A Achel il était le Père Raymundus, il a été le socius du père Emmanuel de 1954 à 1956, puis étudiant à Rome de 1956 à 1960 et, de retour à Achel il a été professeur en Ecriture Sainte, Prieur et Maître de novices de 1960 à 1966. Ce n'est pas tout ! Je n'en croyais pas mes yeux mais pourtant... Il était un de ces "Six d'Achel" qui préoccupaient tant le Père Gabriël !


Ainsi, le Père Raymundus était ce prieur qui aspirait à une autre forme de communauté monastique. Les 6 de ce groupe ont fait pendant 2 ans des expériences partielles en Belgique, en France et en Angleterre. Le Prieuré de Myrendal sur l'Ile de Bornholm (Danemark) a été fondé par 5 des compagnons du groupe, le Père Pierre (Raymundus) étant à Eygalières où il se trouve depuis déjà 44 ans. Juridiquement il est resté Trappiste, Dom Emmanuel l'ayant "donné" (et non pas "nommé") à Eygalières jusqu'à la fin de sa vie...





La Photo ci-dessus est celle de l'habitation du Père Pierre, il l'appelle son "ermitage".




Le Père Pierre Schilling est le Père aumônier des Soeurs du monastère de l'Epiphanie sis à Eygalières.




Localisation du monastère de l'Epiphanie et vue de ce dernier.



Voici une vue de la chapelle du monastère de l'Epiphanie ; le Père Pierre ne me l'a pas précisé mais il se pourrait bien que les soeurs écrivent des icônes.



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Ce 18 février 2010, je suis revenu sur une phrase du Père Pierre Schilling : """Je ne me suis pas trouvé sur les photos de votre Web-site""". Il n'y a pas beaucoup de photos d'avant 1966, et selon toute vraisemblance il devrait être sur l'une des photos adressées par le Père Johannes. Il y a celle des novices avec le Père Gabriël et le Père Emmanuel ; serait-il anormal de penser que le "Socius" du Maître de novices soit sur cette photo ? Le temps nous change, certes, mais je ne serais pas autrement surpris qu'il soit assis à gauche de la photo.





J'ai réalisé ce petit montage car il me semble bien que ce jeune moine (en "A"), d'à peine trente ans, pourrait être le Père Pierre...

Et puis il y a cette photo de la communauté de 1963. Le Père Schilling était alors âgé de 40 ans, prieur, maître des novices, il devrait être là ... mais j'avoue que je n'arrive pas à me déterminer sur un visage ! Se pourrait-il que cette photo ait été prise avant le 1er janvier 1958 ? Il est vrai que le Père était à Rome de 1956 à 1960 ; mais je ne le crois pas ! Il y a l'âge apparent des personnes et cette place qu'occupe le Père Emmanuel van Gassel, était-il déjà pressenti pour succéder au Père Gabriël en 1958 ? Souvenons-nous que c'est le Père Lambertus qui était le Supérieur du premier groupe de fondateurs partis pour Kasanza... Père Pierre, ne pouvez-vous vraiment vous identifier sur cette photo ?



Personnellement - hors le Père Angélus qui se trouve à gauche - je crois avoir reconnu quelques visages parmi les 63 Pères et Frères ; par exemple le Père Frans Van Haaren (l'un des "Six d'Achel" décédé à Myrendal le 17 juin 2007), il serait le premier du dernier rang à gauche de la photo... Il y a d'ailleurs à proximité un moine caché, dont on ne voit que le sommet du crâne et un morceau d'oreille et en qui je verrais volontiers le Frère Bas Van Vessum (un autre des "Six" d'Achel dont j'ai la photographie) parce que je ne le distingue pas parmi les autres !

- 21 février 2010, j'ai pu échanger un peu avec le Père Pierre Schilling ; je suis impressionné par la force de la foi qui l'habite. Il m'a précisé que la communauté de l'Epiphanie - qui comporte encore une deuxième" petite maison" avec quelques ermites dans le Gard, est une fondation qui est sous la juridiction de l'Archevêque d'Aix en Provence. Le Père Emmanuel Van Gassel ne pouvait pas le "nommer" à Eygalières, mais il a "donné" son accord à l'archevêque afin qu'il y soit pour toujours. Le Père Pierre est retourné deux fois à Achel ; la première fois pour parler avec Dom Emmanuel sur son orientation de vie et une deuxième fois pour un séjour d'une semaine qui lui a apporté la conviction qu'il se devait à Eygalières. Rien ne l'empêcherait de vivre sa "retraite" à Achel mais il préfère rester et finir sa vie là où il est, sans vouloir faire de peine à personne.



Le Père Pierre Schilling, jeune Prieur d'Achel, et sans aucun doute appelé à de hautes responsabilités, a choisi une route différente. Je peux dire pourtant qu'il s'est investi par ailleurs et, sans trahir de secret, écrire ici qu'il a été un des piliers de l'association "Davar" de 1985 (date de création) à 1997. Qu'est-ce que Davar ? C'est un lieu de dialogue, d'échanges et d'étude de la Parole de Dieu entre croyants, Juifs et Chrétiens. Vous pouvez cliquer sur le logo ci-contre pour en savoir plus.




Le 1er juin 2010, il y a quelque temps j'étais surpris de constater, sur le site de l'OCSO, que l'abbaye d'Achel n'avait plus envoyé d'étudiants à Rome depuis 1964. Le dernier à avoir suivi un cycle long (4 ans) a été le Père Raymundus - l'actuel Père Pierre Schilling d'Eygalières - en 1956-1960. J'ai retrouvé sur cette liste deux autres noms de moines ayant fait partie des "Six d'Achel" (voir le tableau ci-dessous).




Cette liste des moines d'Achel ayant été étudiants à Rome est extraite d'un état mis à jour en 2009.

08 août 2010, je l'ai déjà écrit : je me demande quelquefois ce qui peut me pousser à revenir sur tel ou tel point de ma quête ! Hier, 7 août, j'ai relancé quelques recherches sur Myrendal (Danemark) et le Frère Bas Van Vessum. Au travers de la traduction d'un texte assez récent (avril 2010), découvert sur le site de "Kristendom.dk", j'ai appris qu'en fait le Frère Bas avait quitté Myrendal et n'était plus moine trappiste depuis quelques années. Pour autant je ne sais pas qu'elle est sa situation exacte. Tout au plus je sais qu'il écrit des articles sur la religion et qu'il intervient comme "consultant" ... C'est ainsi que j'ai trouvé un article titré "Pourquoi les moines sont-ils silencieux ?" ; c'est là que j'ai pris conscience que cet ancien compagnon du Père Angélus avait quitté l'Ordre.

J'ai réalisé un petit montage autour de la présentation de cet article et place également une photo trouvée sur le même site.

J'ai essayé de faire passer un message au Frère Bas van Vessum afin d'obtenir son accord pour l'évocation que je fais ici et éventuellement en savoir un peu plus sur celui qui est - ne perdons pas cela de vue - une des rares personnes à pouvoir me dire encore quelques mots sur le Père Angélus ou sur Achel...







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le 10 août 2010, dans la soirée, j'ai reçu - avec grand plaisir - une réponse de Bas van Vessum. Il m'autorise à placer sa photographie sur ma page et à parler de ses articles. Fort gentiment il m'a précisé qu'il avait demandé et obtenu de Rome , en 2007, la dispense de ses voeux solennels. Il est donc un "laïque croyant" qui toutefois se pose des "questions prudemment critiques" à propos de la tradition ecclésiale et monastique. Il s'intéresse toujours à la vie contemplative actuelle et au commencement du mouvement monastique dans l'église ancienne.

Bas semble se souvenir davantage du Père Henricus, frère du Père Angélus, que du Père Angélus lui-même. Ce n'est pas la première fois que je constate ce fait. Ce fut aussi le cas avec le Père Pierre Schilling en ce début d'année 2010 et, il y a plus longtemps (2008) avec le Père Walraet de l'OSC qui m'avait permis d'identifier le Père Henricus parmi quelques photos... La discrétion du Père Angélus l'aura sans doute emporté sur ses fonctions de "gastenpater" et de "photographe de la communauté" ? Il se peut aussi que le Père Henricus, menuisier-charpentier de la communauté, se soit trouvé davantage au contact de ses compagnons. Quoiqu'il en soit je remercie beaucoup Bas Van Vessum pour sa réponse en excellent français. En cliquant sur l'icône ci-dessous vous aurez un accès direct à l'un de ses articles en Danois...







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Nous sommes le 19 août 2010, hier j'ai reçu un nouveau message de Bas Van Vessum. Suite à une question posée il m'indique les noms des trois autres moines qui constituaient les "Six d'Achel"...Je lui ai demandé une petite précision avant de les nommer ici !

Bas m'a aussi parlé d'une rencontre avec le Père Angélus, entre 1964 et 1966, alors que ce dernier était le "Portier du monastère" ; mon ami était physiquement éprouvé par la maladie. Ces quelques mots m'ont beaucoup touché. Bas me précise qu'avant 1964 (date de son départ de l'Abbaye) il n'avait eu avec mon ami que des contacts très superficiels ; il ajoute que """Les Trappistes, avant le Concile de Vatican II, menaient une vie très silencieuse, échangeant des signes plutôt que des mots pour des messages simples... De plus les rencontres entre anciens et jeunes moines étaient très rares."""



Ce 21 août 2010, après une réponse rapide de Bas, je suis en mesure de citer ici la totalité de ceux qui constituaient les "Six d'Achel". Outre les moines Pierre Schilling, Frans van Haaren et Bas van Vessum il y avait le Frère David Fransen (qui a quitté l'Ordre dès 1966), le Frère Niek (Titus) Verkhoven (qui a quitté l'ordre en 1971) et enfin, le Frère Clemens Vialle qui est le seul à être resté membre de l'OCSO. Ce dernier se trouve encore à Bornholm - Prieuré de Myrendal - avec le Frère Bo Nyström, d'origine suédoise, lequel est entré plus tard dans l'Ordre (il est possible de l'apercevoir sur une photo ci-dessus). Leur situation à tous deux n'est pas facile !

Ainsi et selon la liste des étudiants de Rome, sur les "Six d'Achel" 5 avaient été étudiants à Rome !



Pour savoir personnellement combien il peut être difficile de reconnaître sur une photographie des personnes que l'on a perdues de vue depuis 50 ans et plus, j'ai adressé à Bas une photo que m'avait adressée le Père Johannes Baars et que j'avais gardée sans la mettre sur ma page web. Celui qui fut en 1954/1956 le Frère Lucas avait manifestement été au contact du Frère Bas, et vice-versa. En effet, cette photo a permis à Bas de bien reconnaître certains de ceux qu'il a connus lors de son noviciat en 1955/1956... Pour ne pas trop compliquer je place à la fois la photo et les quelques identités qui s'y rattachent. Je sais que cela sera de nature à intéresser quelques uns de mes fidèles visiteurs ! La mention "parti", indique que l'intéressé à quitté l'Ordre cistercien.







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Ce 26 août, j'ai eu le plaisir d'un nouveau message de Bas qui, je dois le dire, a fait preuve d'une grande gentillesse à mon endroit en voulant bien apporter d'autres informations me permettant de "fermer quelques portes". Ainsi, je sais désormais qui officiait aux côtés du Père Angélus sur la très belle photo que m'avait adressée Louis Bogaerts en 2008 ; je n'avais jamais pensé à lui et je ne l'aurais jamais reconnu sans l'aide de Bas... Il s'agit en fait du propre frère du Père Angélus, le Père Henricus. Je replace cette photo ci-dessous


Le Père Angélus et son frère, le Père Henricus. Achel 1955.


Ensuite, on se souvient des recherches entreprises afin de retrouver une photographie du Père Jacobus. Il était parti pour le Congo, monastère de Kasanza, avec le Père Vitalis, en 1959, pour renforcer les pionniers de 1958. Le Père Jacobus était le chauffeur de la jeep et du camion du monastère. Il est visible sur la photo ci-dessous (noviciat 1954-1955).

On y voit aussi le frère Vitalis et le Père Albéricus. Enfin, Bas, le Frère Basile de ce noviciat, a bien identifié le socius du Père Emmanuel ! Le Père Raymundus (Pierre Schilling) est donc bien sur cette photo; c'était avant son départ pour Rome où il allait étudier 4 ans... Je suis vraiment content pour le Père Pierre car comme il le disait : il ne se "reconnaissait pas sur les photos" de mon site !



N'oublions pas que cette photo, comme beaucoup d'autres, a été prise par le Père Angélus !



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24 octobre 2011, depuis quelques jours j'étais intrigué par le fait que Bas Van Vessum, cet ancien moine d'Achel qui avait fondé avec quelques compagnons le prieuré de Myrendal au Danemark, n'avait pas répondu à mon dernier message sur la suppression de la Communauté d'Achel. Respectant son silence, je voulais malgré tout savoir s'il avait écrit récemment un article pour le site "religion.dk". Je suis tombé sur un "Hommage" que lui rendait un ami... Bas Van Vessum est mort, à son domicile de Rodovre, au Danemark, le 9 août 2011, à l'âge de 78 ans.

Bas avait eu la gentillesse de correspondre un temps avec moi et les quelques messages qu'il m'a adressés prouvaient combien il restait attaché à sa Foi. Je pense à lui avec amitié. Ci-dessous, je place un extrait de l'hommage rendu (cliquer sur l'image pour accéder au site et obtenir une traduction en ligne).



A l'état-civil Bas était Hendrikus Theodorus van Vessum ; né à Utrecht (NL),
aîné d'une fratrie de quatre enfants, il est rentré à l'abbaye cistercienne d'Achel en 1953...


De mon côté je souhaiterais laisser un petit témoignage sur Bas Van Vessum ; bien sûr je ne le connaissais pas physiquement mais à la relecture de ses messages il m'apparaît que les quelques extraits ci-dessous traduisent bien ce qu'il était : un homme bon et infiniment croyant.





A la mémoire de Bas Van VESSUM,
moine cistercien pendant plus de 50 ans
Ancien d'Achel et de Myrendal
A quitté l'OCSO en octobre 2006


J'ai reçu de Bas quelques messages toujours accompagnés d'un document Word dans lequel il apportait quelques précisions relatives à ma quête mais aussi sur le foi qui l'habitait. J'ai choisi quelques extraits en souvenir de lui :

"""Ce que me tiens dans l’Église comme croyant ”prudemment critique” apres ma vie comme religieux, c’est ma connaisance de Jesus de Nazaret, telle comme je l’ai recue dans mon foi de jeunesse et plus tard dans le monastère, comme tant d’autres. L’histoire de ce profète-lá, ”Fils de Dieu”, racontée dans les évangiles, spécialement son discours sur la montagne, son débacle et son mort, et sa ressurrection, vu comme le document du solidarité de Dieu avec nous dans nos jours bons et mauvais, - tout cela est le compas de ma vie, pratiquée et approfondie dans une petite lecture et prière quotidienne. La messe dominicale à la paroisse est pour moi partage au notre souvenir commune de lui, qu’il nous a donné cela: ”Fais ceci en commémoration de moi”. C’est l’une aspect de Dieu, et l’autre c’est qu’il lui aussi se cache dans la étonnante beauté et les mystéres de la nature ou dans les katastrophes de la nature (parmi des autres maintenant les grandes incendies en Russie ou la pluie en Asie, et maintenant aussi un peu ici..."""(*).

(*) Bas faisait allusion aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Danemark en août 2010.Dans un message du 18 août 2010 il écrivait :

""" La pluie nous a fait vivre quatre jours sans téléphone et Internet...""".

"""...pour le terrible mystére du mal au monde et dans notre histoire, (le roc, sur le quel on a battu et l’athéisme et la religion!) Dieu n’a pas nous donné une solution, mais dans la vie de Jésus, dans son activité bienfaisante et son accept d’être refusé et mis à mort, le Mystère de Dieu nous a montré son solidarité avec nous tous dans notre essais de faire ce qu’il est bon pour notre prochain comme pour nous mêmes, nous tous, qui aussi rencontrons cette mystère du mal, - une solidarité divine avec la promesse d’une mystérieuse résurrection."""

L'ami qui qui a rendu hommage au Danemark évoque l'importance que Bas attachait à l'amitié, je le rejoins en plaçant ici ce qu'il m'écrivait dans son avant dernière correspondance :

"""Avec cette pensée je finis cet billet en restant encore un peu aussi pour vous un compagnon de route, parmi les choses admirables et les autres choses du notre terre, et avec un petit mot dune cistercien anglais du douzième siècle, Ælred de Rielvaux, "Deus amicitia est", en amitié, Bas."""

Oui, Bas, vous avez été un compagnon de route et vous le resterez ! J'espère que vous avez désormais la réponse aux questions que vous vous posiez et je ne doute pas que celui qui a été le Phare de votre vie vous a accueilli en toute amitié auprès de lui.



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- 17 juillet 2013, allez ! Il faut que je le dise ... Début Juillet j'ai adressé un mail au Prieuré de Myrendal (Danemark). Je voulais le faire depuis longtemps mais ce n'est pas toujours évident - d'abord à cause de la langue et ensuite en raison même des motifs du contact souhaité ! Je ne recherche pas la performance, non, juste le plaisir de retrouver la trace d'un "ancien d'Achel" et d'imaginer que c'est une main de plus qui se pose sur l'épaule de mon Père Angélus...


Le prieuré de Myrendal, île de Bornholm, Danemark


Dom Clemens Vialle est l'un des "Six d'Achel" , le dernier à Myrendal, avec le Frère BO d'origine suédoise. J'aurais souhaité que le Frère Clemens puisse s'identifier sur l'une des photos et savoir s'il avait conservé quelques souvenirs du photographe (Père Angélus était le photographe de la communauté et aussi le "portier" pendant un certain temps) !

Hier, 16 juillet, j'ai reçu un message du Frère BO ... Il serait souhaitable que je m'adresse au Frère Clemens en néerlandais, en allemand ou en encore en danois. C'est toute la difficulté de ma quête : se comprendre ! Mais la porte n'est pas fermée.

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7 octobre 2013, puisque la question m'a été posée il y a peu, je précise que pour faire suite au message du Frère Bo (voir 17 juillet 2013), j'ai effectivement écrit à Dom Clemens Vialle du Prieuré de Myrendal, au Danemark. Un message en date du 22 août dernier que j'ai traduit en danois (traducteur en ligne). Je n'ai pas eu de réponse pour l'instant... Je me doute que ma demande a de quoi surprendre ! Il est peut-être visible sur la photo de la communauté en 1963 mais rien n'est moins sûr, je crois que désormais il n'y a plus que lui pour en apporter la confirmation.




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10 décembre 2013, il y a quelques jours j'ai eu la surprise d'un contact de M. René de Vos (Victoria - Canada). En décembre 2008, il m'avait permis de retrouver la photo du Père Frans Van Haaren sur un site danois. Il me dit visiter ma page de loin en loin avec l'espoir que j'aurais pu avoir quelques nouvelles du prieuré de Myrendal. On se souvient qu'il avait correspondu avec le Père Frans et qu'il manifestait un intérêt particulier pour l'OCSO. Faute d'éléments nouveaux de mon côté, c'est lui qui souhaite m'apporter des informations concernant Myrendal ! Hier il m'a adressé par voie postale quelques documents que j'évoquerai ici après réception.

18 décembre 2013, c'est hier que j'ai reçu le courrier de René de Vos, j'y ai trouvé un document en langue danoise réalisé à l'occasion d'un reportage vidéo de 1989 sur "Myrendal kloster" ; une lettre en anglais de Frans van Haaren, adressée en octobre 1992 à René de Vos et enfin un rapport de 1996, de Dom André Louf, sur la communauté de Myrendal. Ce rapport de six pages, en langue anglaise, a prioritairement retenu mon attention car il évoquait ces "Six d'Achel" auxquels j'avais consacré quelques recherches et - pour deux d'entre eux - avec qui j'avais eu le plaisir de quelques correspondances (Frère Bas van Vessum et Père Pierre Schilling). J'étais loin d'imaginer les difficultés rencontrées, l'indifférence manifestée durant tant d'années et l'attitude si négative de l'abbaye d'Achel envers ces Frères.

Le visiteur trouvera ci-après le rapport traduit aussi fidèlement que possible ; j'ai essayé de ne pas déformer les explications de Dom André Louf, surtout lorsqu'il regrette certaines interprétations...



Rapport sur la communauté de Myrendal de Bornholm (Danemark)

André Louf, Mont-des-Cats, Fille-Dieu

Septembre - octobre 1996

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Le jour de la fête de la transfiguration, le 6 août 1966, il y a trente ans, une petite communauté de frères cisterciens de l'abbaye d'Achel a été établie sur l'île de Bornholm, une île danoise à mi-chemin entre le sud de la Suède et la Pologne, dans le diocèse de Copenhague.

À l'origine de cette initiative, qui remonte à 1964, étaient six jeunes moines de cette abbaye, qui, sous la direction Prieur de l'époque, ont demandé, d'abord de leur abbé, puis de l'abbé général et enfin de la Congrégation des religieux, l'autorisation d'expérimenter, dans le cadre de la procédure, "une fondation originale avec des structures moins rigides où la pauvreté serait plus réelle et la séparation d'avec le monde moins absolue ".

A cette occasion, une commission spéciale a été convoquée à Westmalle du 12 au 16 avril 1964, par dom Ignace Gillet, qui venait d'être élu abbé général. tout en se montrant ouverte aux expériences possibles, cette commission a jugé le projet des « Six d'Achel », comme on les appelait alors, pas encore suffisamment mûr et leur a demandé de quitter Achel en attendant et de rejoindre temporairement différents monastères. Deux ont été reçus au Mont Saint-bernard, deux à Scourmont et deux au Mont-des-cats. Leur temps d'attente a duré un peu plus de deux ans.

Pendant ce temps, ils avaient envoyé un plaidoyer à la congrégation des religieux qui a transmis leur dossier au Saint Office. Ce dernier ayant donné son "Nihil Obstat", (à l'étonnement de certains et à la stupéfaction des autres, en particulier la communauté d'Achel qui, dès le début, avait été opposée à ce projet), le Cardinal Antoniutti autorisa Dom Ignace Gillet "à assumer la responsabilité devant Dieu de décider si l'expérience pouvait être tentée" et si nécessaire "de donner toutes les autorisations que cette décision pourrait demander" et prendre des "mesures pour garantir en même temps le respect de la vie religieuse trappiste" (08/05/65).

Dès que cette autorisation a été connue, l'administrateur apostolique d'Achel, à cette époque dom Emmanuel van Gassel, afin d'éviter des mouvements de mauvaise humeur au sein de la Communauté, a délégué tous ses pouvoirs en tant qu'abbé sur les six religieux concernés à dom André Louf, abbé du Mont-des-Cats. La communauté d'Achel, dans son ensemble, en fait, ne voulait pas conserver de lien avec les frères concernés, ni prendre aucune responsabilité dans la création de la fondation projetée.

Lors de sa réunion du 9 novembre de la même année, le Définitoire approuva une règle de vie pour les « six », dans laquelle étaient fixés les points considérés comme essentiels à l'observance cistercienne. Un des points chauds consistait au travail salarié en dehors du cloître et éventuellement dans une usine. Cette règle de vie évidemment ne permettrait pas ce dernier point, elle spécifie: "le travail ne sera pas accompli au milieu des laïques, mais à part de ceux-ci, en évitant dans la mesure du possible les contacts avec le monde". Cinq des six frères ont accepté cette limitation imposée à leur projet initial. Seul, l'ancien prieur de Achel, a trouvé en elle une raison pour quitter le groupe et construire un autre projet.

Dans une autre réunion du Définitoire, 3 décembre 1965, cette règle de vie a été précisée sur un point, faisant ressortir les conséquences de la délégation de compétence que l'administrateur apostolique a donnée à l'abbé du Mont-des-cats: "ce même révérend père abbé est également considéré juridiquement comme l'Abbé de ces six religieux". C'est en vertu de cette délégation, que l'abbé de Mont-des-Cats un peu plus tard, fit appeler à la prêtrise un des frères, le père Frans van Haaren, puisque, après le départ de l'ancien prieur d'Achel, il n'y avait plus de prêtre dans le groupe. Cette ordination lui a été conférée dans l'église de Mont-des-Cats, par Mgr Gran, alors évêque d'Oslo.

La Fondation expérimentale a été ainsi autorisée par l'Ordre, sur l'avis favorable de la Congrégation pour les religieux et avec le consentement de l'évêque de Copenhague, qui a accepté de la recevoir dans son diocèse. Un rapport devait être remis "à un futur chapitre général...(qui) déciderait si l'expérience devait se poursuivre". Dans une lettre du 12 octobre 1965, Dom Ignace Gillet a demandé à l'abbé du Mont-des-Cats, sur l'avis favorable de l'administrateur d'Achel et de son père immédiat, l'abbé de Westmalle, s'il accepterait de parrainer le projet de Fondation (et)... d'en prendre la responsabilité ". Je ne trouve aucune trace de ma réponse, mais elle a dû être affirmative. Aidé par Mont-des-Cats, les frères ont alors pu acquérir un bien modeste, situé dans un endroit isolé sur l'île de Bornholm. En plus de l'abbé de Mont-des-Cats, conformément à la procédure prévue par le chapitre général de 1965 concernant les demandes de nouveaux modes de vie monastique, deux autres abbés sont alors désignés pour accompagner la Fondation : Dom Ambrose de Mont St Bernard et dom Guerric de Scourmont, les abbés des deux maisons qui avaient accepté de recevoir provisoirement les futurs fondateurs.

Un rapport auprès du Saint-Siège a été élaboré par moi-même en juin 1968, il a donné suite à un renouvellement de l' autorisation accordée "pour une nouvelle période de trois ans", à l'issue de laquelle l'abbé général devait recontacter le Saint-Siège. Cet autre contact n'a jamais eu lieu, et la Congrégation n'a jamais relancé le sujet. Depuis un quart de siècle, je les ai visité régulièrement, une fois par an. Par suite d'un malentendu, chaque année, j'ai délégué d'autres abbés afin de maintenir le contact. En outre, dom Ambrose, abbé général, les a visité deux fois, ainsi que dom Jean Eudes Bamberger, lorsqu'il était Secrétaire général et aussi dom Vincent Hermans et dom Bruno Gooskens aux postes de conseillers permanents pour la langue néerlandaise. D'autres frères, du Mont-des-Cats ou d'ailleurs, ont fait aussi des visites de longue ou de courte durée. Depuis environ dix ans, à la demande express des frères qui en ont ressenti le besoin, je fais une visite régulière en bonne et due forme, assisté par mère Benedicta de Nazareth. Durant les premières années de leur existence, leur situation était mentionnée chaque fois au chapitre général, généralement dans le contexte du rapport sur Achel, mais ces interventions n'ont, malheureusement, pas été consignées dans le procès-verbal.

Il a été tenté à plusieurs reprises de régulariser leur position au sein de l'ordre. Pour ce faire, ils doivent trouver une maison-mère et un abbé qui acceptera de les parrainer, mais chaque fois, ces tentatives n'ont donné aucun résultat. D'une part, quelques maisons et quelques abbés se sont proposés comme candidats pour ce service. D'autre part, les frères ont été légitimement inquiets de perdre leur indépendance. Lors de la dernière visite de dom Ambrose à Myrendal, la question de leur statut a été une fois de plus étudiée en profondeur, et l'abbé général est convenu avec eux d'un provisoire modus vivendi, que je ne peux pas mieux définir qu'en citant une lettre récente portant l'accord préalable de Myrendal: "la conclusion finale de dom Ambrose sur ce qui nous préoccupe était que nous ne pouvions pas trouver un meilleur statut juridique que celui qui était le nôtre en ce moment, puisque ce statut garantit notre indépendance, laquelle est considérée à juste titre par dom Ambrose comme très importante pour nous. Les autres statuts possibles emporterait cette indépendance. Il a ajouté que nous pourrions recevoir un statut normal dans l'avenir, pour cela nous devrions éventuellement compter six frères profès ».

Nous devons maintenant essayer de répondre à certaines questions qui se posent à leur sujet.

Qui est le supérieur (dans le sens de l'ordinaire) des trois Frères qui restent membres de l'Ordre? Il semble que cela a toujours été l'abbé du Mont-des-Cats, en vertu de la délégation reçue au moment de l'administrateur d'Achel, laquelle n'a jamais été révoquée. Seul l'abbé d'Achel pourrait changer cette situation, s'il souhaitait le faire. Qui était responsable de la Fondation ? Lors d'une réunion du Conseil permanent en janvier dernier, à laquelle l'abbé général m'avait demandé de participer, j'ai assuré « bona fide » que la Fondation comme telle n'appartenait pas à l'Ordre, mais était sous l'autorité de l'évêque de Copenhague. Cela était mon avis depuis plusieurs années, et j'avais essayé d'adapter ma conduite à mes convictions dans mes relations avec le groupe. Ayant revu mes archives aux fins de la préparation de ce rapport, je dois avouer que je me trompais. En particulier, la lettre du 12 octobre 1965, que m'a adressée dom Ignace Gillet, explicitement il m'a demandé d'assumer la responsabilité de la Fondation. Par ailleurs, dans une lettre récente, du 24 avril de cette année, le prieur de Myrendal conteste cette interprétation que j'ai donnée au Conseil permanent, me rappelant un certain événement au cours duquel ils s'étaient compris et s'étaient clairement "exonérés" de l'autorité de l'évêque de Copenhague. Je me souviens parfaitement de cet événement, et je dois admettre qu'il avait raison, et que le fait de leur exonération était alors très précieux pour le groupe.

Mon erreur peut sans doute s'expliquer. Pendant tout le temps où j'ai accompagné les frères, malgré mes visites relativement fréquentes, je n'ai jamais voulu me comporter comme leur supérieur, me contentant la plupart du temps de m'assurer que leur style de vie correspondait à la règle de vie que leur avait proposée le Définitoire et pour essayer d'améliorer l'atmosphère fraternelle, qui est facilement mise à l'épreuve dans un petit groupe. En outre, l'évêque de Copenhague à l'époque, Mgr Hans Martensen, avait toujours été très proche de la Fondation, avec la discrétion nécessaire, mais aussi avec une grande préoccupation pastorale pour chacun des frères personnellement. Sa collaboration a toujours été extrêmement agréable et instructive pour moi et m'a souvent aidé.

Cette Fondation a-t-elle quelque importance pour l'ordre aujourd'hui ? En toute sincérité, je pense que oui. Parmi les nombreuses tentatives de « vie monastique simplifiée » qui surgissent au moment du Conseil, c'est l'une des rares qui ait survécu jusqu'à ce jour. Dans l'ordre, c'est peut-être la seule. Sans être parfaite à tous égards, certainement, cette tentative a toutefois réussi sur beaucoup de points importants qui faisaient partie du projet initial et qui conservent une valeur allégorique pour l'Ordre aujourd'hui. Les frères ont réussi à transplanter leur vie cistercienne à petite échelle, à accentuer certains traits qui sont essentiels à toute vie cistercienne. Ils vivent par le travail de leurs mains (reliure), mais très simplement et pauvrement. Ils se contentent de peu, dans tous les domaines. Leur régime alimentaire est très "frugal" et plus j'ai appris à connaître l'Ordre, plus je pense que leur régime est vraiment "frugal". Leur liturgie est profonde, l'atmosphère est « intérieure » et contemplative. Ils vivent dans une véritable solitude et même, en raison de leur situation géographique, dans un isolement réel et parfois douloureux. Le supérieur a toujours été préoccupé de favoriser un climat évangélique de liberté spirituelle. Ajoutons que les frères ont persévéré malgré les crises qui ont secoué parfois sévèrement leur groupe, des crises auxquelles on pouvait s'attendre, mais dont on peut dire que personne ne peut leur avoir survécu sans l'aide évidente du Seigneur.

Cette fondation a-t-elle un avenir ? Dieu seul le sait. Cependant, humainement parlant, les frères ne sont pas dans une situation pire qu'un certain nombre de maisons de l'ordre aujourd'hui. Ils ont commencé à six. Trois frères ont abandonné. Trois ont persévéré. Un aspirant est depuis longtemps dans le groupe : il est suédois. Jusqu'à présent, la vie semble avoir eu ses épreuves. La vie ne peut-elle pas parfois l'emporter sur le droit ?

Sous quelle forme cette Fondation peut-elle survivre dans l'ordre ? C'est aux canonistes de répondre, au chapitre général. C'est ce que le prieur de Myrendal m'écrit lorsque je lui ai récemment posé la question : " notre conclusion naturelle, c'est que nous ne trouverons jamais un statut mieux adapté à notre présente situation qui résulte du statut que nous avons en ce moment. C'est pourquoi nous aimerions beaucoup le garder, même s'il semble étrange et vague en ce qui concerne le respect du droit de l'Ordre. En fait, ces exceptions aident à prouver la règle. Au cours de notre histoire le statut d'indépendance nous a souvent sauvés... Après tout, notre existence juridique n'est pas si importante à nos yeux. Il est même possible qu'aux yeux de la loi nous n'ayons jamais existé. Dans tous les cas, nous aimerions beaucoup rester dans l'Ordre, étant donné que notre identité est là et l'a toujours été".

Quel que soit l'avenir de Myrendal, et quelle que soit la décision qui sera prise ou non, en ce qui les concerne, je crois que l'aventure de ces frères constituera un jour une page précieuse dans l'aggiornamento de notre Ordre, lorsqu'un historien écrira son histoire.


Dom André Louf (1929 - 2010)




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La lettre du Père Frans van Haaren, datée du 29 octobre 1992, raconte l'origine de Myrendal et fait état de la vocation profonde de la communauté qui vit dans la simplicité et la solitude en essayant de suivre l'essentiel de la règle de vie cistercienne. Est-ce de l'humilité ou un peu d'humour? Toujours est-il que le Père Frans indique qu'il est facile de vivre dans la simplicité dans un pays où 0,5% des habitants sont catholiques et 90% font partie de l'Eglise luthérienne danoise. Cette lettre précise également qu'ils gagnent leur vie grâce à la reliure dont l'atelier a été installé dans l'ancienne écurie de la ferme qu'ils ont occupée dès 1966... Une lettre que je trouve émouvante finalement, surtout après avoir lu le rapport de Dom André Louf ! Le chemin qui mène à Dieu n'est pas un chemin facile. Je comprends que René soit attaché à cette lettre.


Enfin, il y a ce document qui est en fait le script de ce qui est dit dans la vidéo que la "Katolsk Videoproduktion (KVIP)" a réalisé en 1985 : "Broder Frans fortæller" . J'ai commencé à traduire ce texte qui débute sur les origines de la communauté et de la découverte de la vie à Myrendal où il y avait beaucoup de choses à faire et d'autres auxquelles il fallait s'adapter... Je n'ai trouvé que le nom de 3 moines : Frans, Bo et Basileus (Frère Bas). Il s'agit d'une brève présentation qui précise que le Frère Frans avait une expérience de 10 ans dans un grand monastère (Achel) ; il savait fixer les priorités et répartir les tâches ; dès son arrivée à Bornholm il a été formé comme relieur...Le second nommé est Bo, un jeune Suédois arrivé au monastère depuis quelques années, il était employé de banque avant de vouloir être moine ; il travaille à l'atelier de reliure. Le troisième nom à apparaître est celui de Basileus (frère Bas), arrivé à Myrendal en même temps que Frans. Il semblerait que le Frère Clemens n'apparaisse pas dans ce script.

Le texte est articulé en plusieurs paragraphes : - Travail des moines (en plus de l'atelier de reliure il y a un grand jardin potager.) - La Prière (le Père Frans parle de la contemplation qui est la forme la plus élevée de la prière...) - Les invités (la visite de personnes extérieures est autorisée que ce soit pour la détente ou la retraite. Les invités s'il le souhaitent mangent, prient et travaillent avec les moines. Le Frère Frans est conscient des risques mais il pense que l'absence de contacts serait comme d'écarter les difficultés et que le moine ne serait pas confronté aux exigences réelles de la miséricorde de Dieu).


La traduction - ou plutôt l'interprétation de la traduction faite en ligne - n'est pas aisée ! Je me garderai bien d'aller trop loin dans l'analyse de ce texte mais l'on comprend bien malgré tout que les Frères Frans et Bas ne pouvaient concevoir leur quête de Dieu dans une abbaye trop importante. Le Père Frans reproche aux grosses structures d'institutionnaliser le Christ, de l'attacher aux succès, au pouvoir, à l'honneur, alors que le Christ se tient éloigné de tout cela ! Il craint que les communautés importantes ne voient comme une fin en soi que leur rôle au sein de l'Eglise : "Og det er det, jeg er bange for: at vi begynder at betragte os selv eller fællesskabet, eller vores mulige funktion som Kirkens hjerte, som et mål i sig selv.Så glemmer vi, hvad vi egentlig er: bedende eksistenser, hvilende i Guds barmhjertighed".

Ce n'est que 36 ans après sa création que Myrendal est incorporé à l'OCSO et approuvé comme prieuré autonome par le Chapitre Général de 2002 ; Le Père Abbé de Zundert (NL) est désigné comme "Père immédiat". Aujourd'hui il ne reste que 2 frères (Frère Clemens Vialle et Frère Bo, moyenne d'âge 70 ans !). je n'ai aucune(s) nouvelle(s) et je le regrette bien.


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12 janvier 2014, René de Vos m'a adressé quelques photographies de cette vidéo réalisée à Myrendal. Elles sont regroupées ci-dessous et permettent de reconnaître les Frères Frans van Haaren, Bas van Vessum et Bo. René m'a précisé que cette vidéo date de 1985 ainsi qu'il l'a découvert en revisionnant ce film (mention droit d'auteur et copie), une autre date figure sur le couvercle de la cassette - 1989 - elle est sans doute celle de la réalisation de la copie que détient René. Par ailleurs il est apparu que la qualité du film ne permettait pas d'envisager un transfert sur Dvd.



La vidéo ne montre que 3 frères (Franz, Bas et Bo)




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9 mars 2014, d'ici quelques semaines je devrais recevoir deux livres que René de Vos a tenu à m'adresser par courrier du 23 février, depuis Victoria (Canada) ; il m'a prévenu : "ils sont écrits en néerlandais", tous deux évoquent Achel et comportent des photographies. C'est vraiment très sympathique de sa part !

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23 avril 2014, j'ai reçu l'envoi de René !


Trappistes de l'Abbaye d'Achel - une histoire mouvementée - et Un moine raconte...


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27 avril 2014, je me doutais bien que "l'histoire mouvementée de l'abbaye d'Achel" (livre édité en 1996 par les soins de la commune d'Achel, à l'occasion du 150ème anniversaire de l'abbaye) allait faire revivre en moi ces moments d'exaltantes recherches qui ont marqué les premières années de ma quête ! Bien que n'étant pas capable de traduire le néerlandais directement, dans le texte, j'arrive toutefois - grâce à quelques traductions en ligne - à me situer dans le temps et à suivre les différentes étapes de ce livre.

A. van Heijst ne manque pas d'évoquer "les 6 d'Achel" et le Concile de Vatican II (1962-1965). Une courte allusion est faite à la diminution des vocations mais la traduction imparfaite à laquelle je me livre ne m'a pas permis jusqu'à présent de percevoir une réelle inquiétude sur le devenir de la communauté de l'abbaye laquelle, en 1996, était déjà fortement réduite ! Bien au contraire, ce 150ème anniversaire se voulait porteur d'espoirs ...

2 mai 2014, en poursuivant la lecture de "l'histoire mouvementée des trappistes de l'abbaye d'Achel", je me suis demandé si le Prieuré de Myrendal n'aurait pas mérité de figurer dans cet ouvrage tout comme Echt, Sion-Diepenveen, Rochefort ou Kasanza qui sont des fondations d'Achel , ou pour le moins - puisqu'il s'agit d'un prieuré autonome - d'y être cité comme le résultat de la volonté et de la foi de quelques moines issus d'Achel. Après tout, il y a bien eu autorisation de mener l'expérience !

Il est vrai cependant que la communauté d'Achel a été opposée à ce projet dès le départ. Ainsi il est possible de le lire dans le rapport du Père André Louf (1996), que suite à l'exposé de la situation par le Père Abbé d'Achel, """...une commission spéciale a été convoquée à Westmalle du 12 au 16 avril 1964, par dom Ignace Gillet, qui venait d'être élu abbé général. Tout en se montrant ouverte aux expériences possibles, cette commission a jugé le projet des « Six d'Achel », comme on les appelait alors, pas encore suffisamment mûr et leur a demandé de quitter Achel en attendant, et de rejoindre temporairement différents monastères. Deux ont été reçus au Mont Saint-Bernard, deux à Scourmont et deux au Mont-des-Cats. Leur temps d'attente a duré un peu plus de deux ans. On découvre dans ce même rapport que l'autorisation accordée pour cette expérimentation n'a pas amené de changement quant à la position de la Communauté d'Achel qui "ne voulait pas conserver de lien avec les frères concernés, ni s'impliquer dans la fondation".

Il semblerait cependant que l'éloignement des "Six d'Achel", en 1964, n'avait rien d'irrémédiable ! Dans l'un des messages qu'il m'a adressés, le Frère Bas Van Vessum, l'un des "Six" - qui avait été "éloigné" à l'abbaye du Mont Saint Bernard (Leicester - Angleterre), fait état de visites à l'abbaye d'Achel entre 1964 et 1966, année du départ pour le Danemark. C'est d'ailleurs au cours de l'une de ces visites qu'il a eu l'occasion de discuter avec le Père Angélus. Apparemment ce dernier n'éprouvait pas de ressentiment envers le frère Bas et ses "idées révolutionnaires" ! Je pense qu'ils étaient nombreux comme lui, au sein de la communauté.

Je ne saurais revenir sur les "Six d'Achel" sans évoquer le Père Pierre Schilling, celui qui fut le Père Raymundus, prieur à Achel, et qui avait tant contrarié le Père Abbé Gabriël van de Moosdjik en ces années 1960 ! Il est aujourd'hui âgé de 88 ans et toujours dans son ermitage d'Eygalières. C'est le Père Emmanuel, successeur de Dom Gabriël, qui a donné son accord à l'archevêque d'Aix en Provence pour que le Père Pierre soit pour toujours à Eygalières. C'était en 1966... Ce qui me paraît important de souligner ici c'est que le Père Pierre est "juridiquement" toujours Trappiste et qu'au cours de sa vie d'ermite il est retourné deux fois à Achel : la première pour trouver conseil auprès de Dom Emmanuel et la seconde pour un séjour d'une semaine qui l'a convaincu que sa vie était à Eygalières.

On le voit, dans l'un et l'autre des exemples cités, si la communauté d'Achel a fait part de son intention formelle de ne conserver aucun lien avec les frères concernés, il en a été différemment dans les faits. Il est dommage que l'expérimentation au Danemark n'ait pas été accompagnée par le "bienveillant soutien" d'une communauté alors encore forte de près de 60 moines. En 1996 Dom André Louf terminait son rapport sur ces mots : """ Quel que soit l'avenir de Myrendal, et quelle que soit la décision qui sera prise ou non, en ce qui les concerne, je crois que l'aventure de ces frères constituera un jour une page précieuse dans l'aggiornamento de notre Ordre, lorsqu'un historien écrira son histoire""". Je le rejoins sur cette conclusion, en espérant que l'histoire pourra s'appuyer sur les témoignages de ceux qui sont encore de ce monde.

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10 mai 2014, je ne sais pas si cela pourra contribuer à retracer l'histoire de Myrendal mais aujourd'hui, en faisant quelques recherches j'ai découvert un site intéressant : "Fultonhistory.com" qui propose des numérisations de journaux datant pour certains de plus d'un siècle ! C'est dans le Times de New York, daté du 20 février 1968, que j'ai pu lire un article sur cette expérimentation que 4 moines trappistes menaient à Myrendal ! L'article figure ci-dessous, regroupé sur 3 colonnes pour les commodités de la mise en page, il est accompagné d'une traduction et de quelques commentaires. En cliquant sur l'image vous pourrez accéder au site FultonHistory et à la page montrant l'article.



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Le titre : 4 Néerlandais forment le plus petit ordre religieux


Frans, Nils, Clemens et Bas composent ce qui est peut-être la plus petite structure du Saint Ordre. Ces quatre Néerlandais, catholiques, âgés d'une trentaine d'années, ont été transplantés d'un grand monastère de moines cisterciens, situé à la frontière des Pays-Bas et de la Belgique, à cette ferme paisible, blanchie à la chaux, près d'Allinge, sur l'île balte de Bornholm.

Nils est le frère Verkhoven, il quittera l'ordre en 1971 ; les frères Frans et Bas sont décédés ; le frère Clemens est toujours à Myrendal avec le frère Bo, d'origine suédoise.

Le Frère Frans van Haaren précise que tous quatre sont trappistes, sous le contrôle du Vatican à Rome. Ordonné prêtre, il est responsable du groupe. Ils ont quitté l'abbaye belge (Achel) afin de concilier la Règle ancienne et la société moderne, hors des murs de l'abbaye.

Cette expérience est suivie avec beaucoup d'intérêt dans les milieux catholiques.

Les moines ont des cigarettes, des cigares et de la bière. La fumée du tabac gagne le plafond blanchi tandis qu'ils sont assis en buvant de la bière. Le salon est spartiate, sans ornement inutile. Un crucifix est accroché au mur ; sur les étagères des livres : Sartre, Steinbeck, Faulkner sont bien représentés.

Cette "allusion" à la cigarette et à la bière permet de replacer la réalité de certaines attentes ; on se souvient des confidences de Cees Nooteboom à qui le frère portier avait demandé en secret une cigarette dans les années 1950 ; ces petits plaisirs ont été aussi accordés à toutes les autres communautés à partir de 1982 ; il a alors été instauré une heure de loisirs pour les moines, ils pouvaient fumer cigarette ou cigare, jouer au billard, regarder la télé, lire les journaux...

A la question qui lui est posée : Pourquoi rompre avec le "grand monastère", le frère Frans répond :

"Nous voulions montrer qu'un moine peut s'insérer au sein de la société moderne et vivre de son labeur tout en restant fidèle à ses voeux de célibat, de pauvreté et d'obéissance. La vie dans les monastères n'a pas évolué depuis le XIème siècle. C'est cela que nous avons voulu changer en nous éloignant. Cela nécessite courage et jeunesse. Au départ nous étions 6 mais deux ont choisi une autre voie...

Les moines évoluent en pantalons de velours côtelé ou en jeans, portant chemise ou T-shirt. Pourquoi revêtir l'habit de moine quand des vêtements ordinaires sont plus adaptés aux activités ? Ce n'est que pour la messe, dans la chapelle qui était auparavant une étable, que l'on peut les voir revêtus de leur tenue de moines cisterciens, blanche et noire.

Sur l'île depuis plus d'un an, les frères ont pu mettre en pratique cette indépendance qu'ils recherchaient ; le frère Frans précise toutefois "qu'ils sont certes autonomes mais toujours sous le régime de l'ascèse"...

S'agissant de l'ascèse, je replace ici un court extrait de ce qu'écrivait Dom André Louf en 1996 : """Ils vivent par le travail de leurs mains (reliure), mais très simplement et pauvrement. Ils se contentent de peu, dans tous les domaines. Leur régime alimentaire est très "frugal" ..."""

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Le 12 mai 2014, j'ai pensé qu'il serait juste de tenter de retracer un peu le cheminement des "Six d'Achel" entre 1964 et 1966. Je sais que le Frère Bas était à l'abbaye du Mont Saint-Bernard mais où étaient les 5 autres frères ? Pour essayer de savoir j'ai adressé un message aux 3 abbayes concernées : Mont Saint-Bernard, Mont des Cats et Scourmont. J'ai demandé s'il était possible de savoir s'il a été conservé dans leurs archives respectives une trace de l'accueil de ces moines d'Achel.

Le même jour je recevais une réponse du Père Armand Veilleux, supérieur de Scourmont. Il m'indique que pour répondre à ma question il devrait consulter une documentation abondante, ce qu'il n'a malheureusement pas le temps de faire dans l’immédiat. Par ailleurs, il précise dans quelles conditions les "Six" ont été amenés à quitter Achel :

"""... C’est la Commission réunie à Westmalle en avril 1964 qui demande aux six d’attendre un certain temps avant qu’on puisse leur permettre de réaliser leur projet. On les laisse libres de rester ensemble à Achel ou d’aller dans d’autres monastères, mais pas tous les six ensemble ; plutôt 2 par 2. Ce sont eux, les six, qui choisissent d’aller dans d’autres monastères, plutôt que d’attendre à Achel, et ils choisissent eux-mêmes Mount Saint Bernard, Mont des Cats et Scourmont. (Tout ceci est très clair dans le compte rendu de cette réunion rédigé par Dom André Louf et qui se trouve dans les Archives de la Maison Généralice).

Je remercie bien vivement Dom Armand pour ces précisions contenues dans le compte rendu de 1964 ; il faut admettre que cette notion de choix n'apparaît pas clairement dans le rapport de Dom Louf rédigé en 1996 ("""...cette commission a jugé le projet des « Six d'Achel », comme on les appelait alors, pas encore suffisamment mûr et leur a demandé de quitter Achel en attendant, et de rejoindre temporairement différents monastères."""). Cette formulation pouvait donner à penser que l'éloignement avait plutôt un aspect "sanction" ! Ce qui n'était certes pas le cas.

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14 mai 2014, je ne pouvais pas continuer à citer le Père Pierre sans le tenir informé de cette récente évocation de l'histoire des "Six d'Achel". C'est ce j'ai fait aujourd'hui et qui m'a valu le bonheur d'un signe amical ! Le Père Pierre de l'Epiphanie, 88 ans, est toujours là, en bonne santé et à jamais convaincu que son choix vers Eygalières, béni par Dom Emmanuel, était le bon choix ! Il a pris note de ce qui me préoccupe actuellement et me souhaite à la fois inspiration et discernement. Je reconnais volontiers que les contacts du Père Pierre font du bien à l'âme.

le 15 mai 2014 le Père Pierre me fait parvenir quelques photographies récentes - que je me fais un plaisir de placer ci-dessous - et, à l'occasion d'un échange de mails, il me propose de l'appeler téléphoniquement en fin de journée, ce que j'ai fait avec une certaine émotion. Ces 45 minutes ont été un moment très fort !

Bien sûr nous avons abordé ces événements de 1964/1966... Le Père Pierre garde un très bon souvenir de la commission de l'Ordre qui s'est tenue à Westmalle en avril 1964. Cette commission n'a rien rejeté mais la conclusion a été qu'avant d'aller plus loin il fallait que 'les Six' acquièrent la certitude que leurs aspirations ne résultaient pas de problèmes spirituels liés à la communauté de l'abbaye d'Achel. Il leur a été proposé d'aller, deux par deux, dans des monastères de l'Ordre à haute qualité spirituelle où ils décideraient peut-être de rester.

C'est ainsi que le Père Pierre a rejoint - avec le frère Bas van Vessum - l'abbaye du Mont Saint Bernard (Leicester GB). Les Frères Titus Verkhoven et David Fransen ont rejoint l'abbaye du Mont des Cats (Godewaersvelde - F 59 ) tandis que les Frères Frans van Haaren et Clemens Vialle rejoignaient l'abbaye de Scourmont (Forges - B - Province de Hainaut).

Pour leur part le Père Pierre et le Frère Bas van Vessum ont ainsi vécu un temps au sein de la communauté du Mont Saint Bernard et aussi mené des expériences partielles dans le monde laïque sur le plan du travail et de la vie en petite communauté. Pour ce faire ils étaient sur Leeds (100 km au Nord de l'abbaye) où tous deux travaillaient comme ouvriers pour gagner leur vie ; ils avaient loué un appartement où ils menaient une vie communautaire.

Après 2 années les Six ont fait un "retour d'expérience", en commun, sous l'autorité de Dom André Louf du Mont des Cats. Tous sont arrivés au constat qu'ils étaient toujours animés par la volonté de créer une "communauté simplifiée" plus ouverte sur le monde.

Le Père Pierre m'a bien expliqué ce qui l'a amené à choisir une autre voie. Au cours de ces deux années passées au Mont Saint Bernard et à Leeds, il s'est de plus en plus intéressé à la découverte de l'orient chrétien plus juste dans sa conception "verticale" du monde. L'occident chrétien a une conception plus "spatiale" ou "horizontale" du monde,ce qui crée de faux problèmes : il y a les religieux (les moines) et les laïques, ils ne peuvent vivre ensemble... Cela n'est pas le cas dans l'orient chrétien où les moines sont au sein de la population, ils vivent leur foi dans leur coeur.

Ainsi, quand les restrictions à l'expérimentation ont été exprimées :

"""le Définitoire approuva une règle de vie pour les « six », dans laquelle étaient fixés les points considérés comme essentiels à l'observance cistercienne. Un des points chauds consistait au travail salarié en dehors du cloître et éventuellement dans une usine. Cette règle de vie évidemment ne permettrait pas ce dernier point, elle spécifie: "le travail ne sera pas accompli au milieu des laïques, mais à part de ceux-ci, en évitant dans la mesure du possible les contacts avec le monde...""".

le Père Pierre a fait savoir que ce qu'il recherchait avant tout c'était d'être dans le monde, au milieu des laïques. Il me précise avoir essuyé quelques moqueries de la part de ses camarades lorsqu'il a évoqué "l'horizontalité" et la "verticalité". Le Père André Louf l'a compris et lui a dit : "Pierre, je sais ce que tu as dans le coeur ; je connais une communauté qui vit cette expérience à Eygalières". C'est ainsi que Pierre a pris le chemin que l'on sait.

Plus tard le Père Pierre s'apercevra qu'en découvrant le christianisme de l'Orient il découvrait aussi le Judaïsme...il s'y est investi et je rappelle qu'il a été un des piliers de l'association Davar (voir supra) de 1985 à 1997.

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Le Père Pierre à son ermitage et dans la communauté de l'Epiphanie dont il est à la fois membre et moine-prêtre.


Je suis content d'avoir eu ce contact téléphonique avec le Père Pierre de l'Epiphanie, il a permis de préciser certains points importants qui font partie eux-aussi de l'histoire d'Achel ! Il me faut prévenir les Pères des 3 abbayes que le Père Pierre m'a communiqué le nom de ceux qui y ont été reçus de 1964 à 1966 et peut-être retenter un contact vers Myrendal. Je voudrais bien pouvoir placer ici un court témoignage du Frère Clemens - et aussi du Frère Bo - concernant l'installation et la vie de la communauté sur l'île de Bornholm !

J'ai adressé un message au Prieuré de Myrendal le 17 mai, cette fois je me suis abstenu de le traduire en danois, je pense qu'il sera plus compréhensible en anglais !

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Le 30 mai 2014, pas de nouvelles de Myrendal; J'espère toujours ! En reclassant certains fichiers j'ai retrouvé quelques photographies qui concernent le Prieuré, je n'ai malheureusement pas les dates mais elles sont sans doute du tout début des années 2000.

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Le Frère Bas en prière dans la chapelle du Prieuré de Myrendal et le Père Frans van Haaren



Je songe à contacter Dom Armand au sujet de Myrendal. Je trouve en effet que ce que l'on peut lire de cette fondation sur le site de l'Ocso est assez sommaire ! Même le nom du Père Frans van Haaren n'apparaît pas en tant qu'ancien Supérieur. Il devrait pouvoir être possible de placer un court historique évoquant les "Six d'Achel" et l'installation sur Bornholm. Je pense que le Père Armand sera en mesure d'apprécier comme il se doit mon étonnement.

Le 1er juin 2014, le Père Armand a répondu avec une grande gentillesse à mes préoccupations concernant la fiche sur le Prieuré de Myrendal. Il ne s'agit pas d'un oubli ; il se trouve que l'élaboration de ces fiches sur les différents monastères visait essentiellement à fournir des renseignements pratiques tels que n° de téléphone et adresse. Les autres points abordés (histoire, revenus du travail, possibilités d'accueil) sont fragmentaires ; l'intention n'est pas de retracer systématiquement l'historique de chaque fondation. Par ailleurs, le secrétariat étant actuellement très occupé par la préparation du prochain Chapitre Général il n'est pas possible de le distraire de sa tâche.

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Le 2 juin la réception d'un courrier tout à fait inattendu en provenance du Canada ! René de Vos, très intéressé par mes récentes insertions sur le Prieuré de Myrendal, me fait le plaisir de m'adresser quelques passages de livres qui sont en fait des commentaires relatifs à cette fondation de communauté simplifiée.


Le premier extrait provient du volume 2 des mémoires de John, Willem, Gran - "A hand on my shoulder" - "Monk and Bishop". "Une main sur mon épaule", "Moine et évêque". Le nom de John Gran est déjà apparu sur cette page ; il figure dans le rapport de Dom André Louf ; John Gran est l'évêque d'Oslo (Norvège) qui procède à l'ordination du Frère Frans van Haaren, en l'abbaye du Mont des Cats, peu avant le départ pour Bornholm.





John Willem Gran, ancien moine de l'abbaye cistercienne de Caldey, ancien économe à la maison généralice de l'OCSO à Rome, évêque d'Oslo.

Avant de placer l'extrait je situe l'action ... Dom James Fox, abbé de Gethsemani, s'est engagé à faire une fondation en Norvège. L'évêque ayant trouvé une possible zone d'installation, Dom James souhaiterait faire une visite à l'occasion d'un voyage en Europe et demande à l'évêque de préparer sa visite.
Extrait des souvenirs : While I am still in the course of doing just that, a monastery in Belgium initiates a small experimental foundation with four young monks on the Danish island of Bornholm. Telegram from Kentucky : Cancel plans regarding foundation STOP One monastery of our order in the North is Enough STOP Sorry STOP Dom James.
No effort on my part could alter his decision, once taken. When I went to Gethsemani two years later to try to persuade him to resume his plans, I met with great friendliness, but non response. The Cistercians are still on Bornholm. ...
Traduction partielle : Tandis que je travaillais sur ce projet, un monastère en Belqique initiait une petite fondation expérimentale avec quatre jeunes moines sur l'île danoise de Bornholm. Un télégramme du Kentucky : "Annuler les projets concernant la fondation STOP Un monastère de notre ordre dans le Nord est suffisant STOP Désolé STOP Dom James." Tous mes efforts ont été vains pour modifier sa décision. Quand je suis allé à Gethsemani, deux ans plus tard, pour tenter de le persuader de redonner vie à son projet, il m'a parlé avec une grande gentillesse, mais sans donner de réponse. Les Cisterciens sont toujours à Bornholm...



Ainsi, l'annonce de l'expérimentation à Myrendal a eu pour conséquence de suspendre la réalisation d'un projet du Père abbé de Gethsemani ! S'agissant du nombre de moines, Mgr Gran parle de 4 jeunes moines. Ils sont effectivement partis à 5 d'Achel mais le Frère David Fransen aurait quitté le groupe très rapidement, pratiquement dès l'arrivée sur place ; c'est ce que m'avait précisé le Frère Bas van Vessum.

Les deux autres extraits proviennent du journal tenu par Thomas Merton déjà évoqué supra. L'un est daté du 21 avril 1964, il est inséré ci-dessous à l'aide d'un petit montage.



On le voit, dès le 21 avril 1964, le Père Louis (Thomas Merton) qui est alors maître des novices à l'abbaye de Gethsemani estime qu'il est peut-être porté trop d'attention au projet des six moines cisterciens d'Achel qui envisagent de former une nouvelle communauté, plus ouverte sur le monde, vivant des revenus de son travail, jugeant que la pratique spirituelle dans un grand monastère va à l'encontre de l'idéal monastique en créant trop de pression. Ce que regrette le plus Thomas Merton c'est que soit rendu public un projet non encore approuvé et qui a peut-être été refusé, il ne sait pas ! Il suppose toutefois que la dernière chose qu'aient voulue les "Six" c'est la publicité faite sur leurs intentions. Il ne rejette pas l'idée qui pourrait être bonne. Rapportée au contexte américain l'idée se heurte toutefois au problème de l'automatisation qui supprime des emplois... Un moine contemplatif pourrait-il prendre le travail de quelqu'un qui en a besoin pour soutenir une famille ? La question essentielle pour lui est : un moine peut-il devenir un salarié ? Il évoque aussi le nouvel abbé général , dom Ignace, et trouve qu'il a certainement fait preuve - en la circonstance - de davantage d'ouverture d'esprit que le Père Gabriël....

Il a parlé avec les novices et les "juniors" de cette "révision de vie" qui ne serait pas effective dans l'immédiat. Il se pourrait que quelque chose bouge. Il pense que la véritable crise et dans la définition de la place du moine dans le monde, de sa propre réalité, de ses aspirations à savoir clairement ce qu'il est là où il se trouve... Le moine n'a pas d'attache, il est un étranger de passage sur terre, sans réelle identité...


Le dernier extrait est daté du 1er mars 1966, soit près de 2 ans après la divulgation par la presse du projet des "Six d'Achel". Je me trompe peut-être mais il y a comme une certaine ironie dans les propos du Père Louis ...



Point n'est besoin de tout traduire... Je me concentre sur ce qui concerne Bornholm ! Les moines d'Achel n'ont pas encore rejoint le Danemark (installation août 1966) mais les choses semblent parfaitement en place dès mars puisque Thomas Merton écrit :

"""... une fondation d'un type expérimental nouveau a été faite "tranquillement et en douceur" au Danemark par l'un des plus progressistes abbés de l'Ordre, Dom André Louf..."""



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La Fondation de cette communauté simplifiée que les "Six d'Achel" avait appelée de leurs voeux ne s'est pas faite sans soulever des difficultés et des problèmes d'ordre interne. A t-on cherché à les dissuader ? C'est probable ! Je pense que le Père Pierre de l'Epiphanie ne m'en voudra pas de rapporter ici que Dom Gabriël van de Moosdjik - père Abbé d'Achel - a supplié les Six de ne pas quitter la communauté ...

En décembre dernier, après la lecture du rapport de Dom André Louf, je jugeais "négative" l'attitude de la communauté d'Achel ! Là aussi le Père Pierre m'a appelé à un jugement moins définitif et moins sévère et il a justifié l'attitude des frères d'Achel : "Il était normal qu'ils nous en veulent, ils ne voulaient pas que l'on s'en aille, ils avaient besoin de nous... Quelques années après mon départ je suis retourné à Achel pour rencontrer le Père Emmanuel , je lui ai demandé de me pardonner pour le mal que j'avais fait à la communauté""". Tout cela ne peut pas laisser indifférent.

A mon sens, moi qui ne suis qu'un modeste observateur extérieur, je trouve que cet "épisode" des "Six d'Achel" a sa place dans l'Histoire de l'Ordre. C'est pourquoi je trouve important de compléter la fiche de renseignements de Myrendal sur le site de l'OCSO. Je propose ce qui suit, en toute amitié, bien sûr !



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10 juin 2014, depuis quelques jours j'ai relancé des recherches sur les "Six d'Achel" et Bornholm. J'avais le sentiment que quelque chose manquait ... Bien sûr en 2008 - dès lors que j'ai eu connaissance de l'histoire des "Six d'Achel" - j'avais fait quelques recherches, mais je reconnais être resté alors assez superficiel, ma préoccupation essentielle étant de "récupérer" des photographies de ceux qui furent des compagnons du Père Angélus ! Il est vrai aussi que jusqu'à ce que je prenne connaissance du rapport de Dom André Louf je ne savais pas - ou n'avais pas réalisé - que la volonté des "Six d'Achel" n'était pas seulement de fonder une communauté simplifiée mais que celle-ci devait être également plus largement ouverte sur le monde ! C'est cette notion d'ouverture au monde que j'avais en tête ; inconsciemment - ou non - je ne comprenais pas que cette volonté de fonder une communauté simplifiée et plus ouverte sur le monde se soit finalement traduite par une installation sur l'Ile de Bornholm, une île de 589 km2 comptant environ 40.000 habitants, au milieu d'un habitat dispersé ! L'île, qui comptait près de 50.000 habitants en 1960, se dépeuplait lentement. L'insertion ci-dessous explique mon incompréhension :


Comment de jeunes moines soucieux d'une ouverture au monde ont-ils pu rejoindre une île qui se dépeuplait ?




J'avais besoin d'une réponse ! Au cours de recherches plus orientées, je suis arrivé sur un texte évoquant l'histoire des trappistes dans le Nord ; un paragraphe y est consacré aux "Six d'Achel". Je crois que j'ai - en partie - la réponse que j'espérais. Je place ci-dessous un montage de ce que j'ai découvert (et toujours, imparfaitement traduit !).



Traduction partielle : En 1964, a commencé à Achel une expérience intéressante, menée par six jeunes moines du monastère qui avaient demandé de vivre autrement. Ils aspiraient à une vie monastique adaptée à l'époque moderne. Au début, ils voulaient s'installer dans une maison du Randstad (*) mais l'évêque de Rotterdam se demandait si leur expérience monastique pour un tel changement était suffisante. Il a été démontré qu'ils agissaient en réaction contre les usages anciens et qu'ils avaient idéalisé la situation locale et les possibilités. Il apparait toutefois intéressant de connaître leurs objections aux structures existantes, parce qu'elles étaient partagées par d'autres jeunes moines dans d'autres monastères ......

(*) le Randstad est une conurbation réunissant les villes d'Utrecht, Amsterdam, la Haye et Rotterdam.

Le point important - et nouveau - c'est que les "Six d'Achel" avaient formé leur projet initial autour d'une installation dans une région fortement peuplée ! L'ouverture au monde était indiscutable. Ce projet initial prévoyait sans aucun doute le travail "au milieu des laïques" ; il est regrettable que l'évêque de Rotterdam se soit montré réticent, ce qui a conduit les Frères à mener leur expérience séparément. On l'a vu ci-dessus, pour les Frères Raymundus et Basileus (Bas) ce fut à Leeds où ils avaient loué un appartement et travaillaient comme ouvriers. On peut imaginer que les autres Frères vivaient leur expérience à l'identique là où ils se trouvaient. La séparation des moines pendant les deux années d'attente n'a sans doute pas été favorable à l'amélioration du projet initial, cependant on notera que lors du "retour d'expérience", fait au Mont des Cats, les Six avaient confirmé leur volonté de poursuivre dans leurs intentions. C'était sans compter sur la position du "Définitoire" qui, en novembre 1965, a imposé des restrictions drastiques dans la "règle de vie" que devraient observer les "Six" : pas de travail au milieu des laïques ! Pourquoi une telle décision deux ans après le début de l'expérimentation ?

L'installation sur Bornholm résulterait donc d'un "pis aller" ? Peut-être le Père Pierre de l'Epiphanie sera-t-il en mesure de donner quelques indications sur ce projet initial et les motifs qui ont amené l'évêque de Rotterdam (à l'époque Monseigneur Martinus Antonius Jansen) et la commission de Westmalle à le déclarer comme insuffisamment mûr. Quoiqu'il en soit et malgré les difficultés le Prieuré de Myrendal a survécu à celle qui aurait pu être sa Maison mère, mais là c'est un autre débat ! Quant à ma proposition pour l'histoire de Myrendal, je pense qu'elle est toujours d'actualité.

Par courtoisie et pour l'informer de la présente insertion, j'ai essayé de contacter Herman Lenting, l'auteur de ce qui me paraît être un mémoire, mais l'adresse figurant sur le site est obsolète ; de même, une seconde tentative à partir d'une autre adresse trouvée sur Internet s'est elle aussi soldée par un "échec".



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11 juin 2014, René me fait part de recherches infructueuses qu'il a menées pour tenter de retrouver un livre auquel aurait contribué le Père Frans van Haaren en 1976. Ce livre sur "la vie monastique et la Foi hier et aujourd'hui" comporte 7 à 8 pages sur Myrendal. Il serait intéressant de découvrir ce qu'écrivait alors le Père Frans.



Lorsque j'avais traduit le "in memoriam" que le frère BO avait rédigé lors du décès du Père Frans, j'avais noté que ce dernier s'était impliqué dans la littérature et qu'il écrivait des articles pour des revues ou autres lorsqu'on le lui demandait... Ainsi, sur le site de Cistopedia.org, le Père Franz apparaît également comme auteur d'un ouvrage intitulé " Logum Kloster". Il s'agit d'une ancienne abbaye cistercienne du XIIème siècle située dans le Sud du Danemark. Cette abbaye a été fermée en 1548... L'église abbatiale est devenue église paroissiale en 1739. Le Père Franz en a sans doute retracé l'histoire.



Dans son in memoriam le frère Bo avait en outre précisé que le Père Frans avait apporté, pendant de nombreuses années, une aide fraternelle comme bibliothécaire à Östanbäcks, monastère bénédictin au sein de l'Eglise suédoise. C'est ce dernier point qui m'a poussé à essayer un contact. Il se pourrait que soient conservés en ce lieu les livres auxquels avait contribué le Père Van Haaren.

N.B :En cliquant sur l'image ci-dessous vous pourrez revoir (sur le site Katolskorientering.dk) le in memoriam signé par le Frère Bo




12 juin 2014, en recherchant l'adresse en Suède, j'ai trouvé deux Pères susceptibles de me renseigner : le Père Caesarius Cavallin, supérieur au monastère luthérien d'Östanbäcks et le Père Ingmar Svanteson, un ancien d'Östanbäcks, converti au catholicisme, et depuis 2009 au monastère Saint Benoît de Tomelilla. Je les ai contactés.

Ma demande ne portait que sur le seul livre Klosterliv : serait-il possible d'obtenir une numérisation et un envoi par mail des quelques pages écrites par le Père Frans et concernant Myrendal ?

J'ai eu très rapidement une réponse sympathique. Aucun n'a le souvenir de ce livre ; le Père Ingmar me suggère de prendre contact avec le monastère de "Mariavalls" qui dispose d'un "Bookbindery" (atelier de reliure), ce que j'ai fait en espérant une réponse.


Le Père Caesarius Cavallin, monastère luthérien d'Östanbäcks (Suède)





Le Père Ingmar Svanteson, seul moine du monastère St-Benoît de Tomelilla (Suède).




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15 juin 2014, de mon côté j'ai entrepris quelques recherches pour tenter de me procurer l'ouvrage. Pour l'instant je suis arrivé à une certitude : le livre - ou plutôt la brochure de 56 pages - existe bien ! J'ai trouvé cette dernière dans un inventaire sur un site qui n'est pas un site de vente. La brochure porte le nom de l'auteur principal (J.Chr. Myrhøj) et celui des religieux qui présentent sans doute leur monastère : Broder Frans, Søster Hildegard et Søster Birte.


L'illustration de couverture présente le monastère
de Sainte Catherine à Ribe (Danemark)



16 juin 2014, j'ai trouvé un site au Danemark qui proposait un exemplaire de cette brochure de 1976 ; après confirmation j'ai passé commande ! Il ne reste plus qu'à attendre quelques jours ... Se pourrait-il que cet écrit du Père Frans puisse comporter des éléments d'information nouveaux, autres que ceux figurant dans le script de la vidéo réalisée en 1985 ?



19 juin 2014, j'ai reçu la brochure ! Il me faudra un peu de temps pour la traduction. Pour l'instant disons que je suis surpris de ne découvrir aucun nom ! Les Frères ne sont pas nommés et le nom de l'abbaye d'origine des moines n'est pas précisé. Dans la partie traitée par J. Chr. Myrhøl, il y une photographie où l'on reconnait le Choeur de l'abbaye d'Achel, cette photographie a été remise par Myrendal (cf indications portées sur la brochure) ; il est simplement indiqué "Grand-Messe" alors que les autres photographies de monastères insérées sont toutes identifiées ! En regardant attentivement cette photo que je place ci-après, vous pourrez remarquer que l'un des visages a été "flouté".


Je pense que le Père Abbé que l'on distingue en fond est Dom Gabriël.
Le moine qui a le visage flouté (les yeux) est sur la droite...La silhouette reste évocatrice.


Le Père Frans indique qu'ils viennent d'une abbaye située à la frontière Belgo-néerlandaise mais il n'en donne pas le nom ! Pour accompagner le texte sur Myrendal kloster, il y a quelques photographies mais aucune ne permettant de reconnaître un visage. Je place ci-dessous un montage des pages écrites par le Père Frans van Haaren et la photo de l'atelier de reliure...


la couverture de la brochure et les 9 pages consacrées à Myrendal Kloster




L'atelier de reliure de Myrendal en 1975 (sans doute le Frère Bo et le Père Frans)


24 juin 2014, les observations ci-dessus émises - et concernant l'absence de référence à l'abbaye d'Achel - pourraient être interprétées comme du ressentiment ; il faut toutefois souligner que le texte écrit par le Père Frans reste purement objectif.

S'adressant essentiellement à des Danois, il fait allusion à l'abbaye de Vitskøl (Nord Danemark), qui de 1158 à 1536 a été occupée par des moines cisterciens ; cela lui permet de parler de l'implantation actuelle de l'Ordre, sur tous les continents et de la diversité des évolutions et de l'adaptation des moines au monde moderne... Il tente de répondre à la question de "l'utilité" des moines qui ont eu "au travers des siècles une grande influence dans de nombreux domaines" (agriculture, architecture, travaux manuels, plantes médicinales...). J'ai trouvé plaisant que pour "illustrer" la raison des différentes réformes au sein du monde monastique, le Père Frans ait cité "Le Petit Prince" de Saint-Exupéry ; la parabole de la cinquième planète et l'allumeur de réverbère... Cette planète qui tourne de plus en plus vite !

N.B. :Au cours de récentes recherches j'ai découvert que les moines cisterciens avaient fondé à Leeds (Angleterre), vers 1200, une fonderie qui est devenue "Kirkstall Forge". L'usine, reconstruite à la fin du 18ème siècle s'est diversifiée par la suite ... En 1930 pratiquement chaque camion et autobus fabriqué en Angleterre, avait un essieu arrière provenant des forges Kirkstall. l'usine a été fermée en 2002...

Le Père Frans évoque bien sûr l'installation sur l'île de Bornholm ; le départ de deux frères pour les Pays-Bas et l'arrivée de Bo (1974 ou 1975). Il décrit une journée entre prière et travail ; il y a la reliure mais aussi le jardin potager, l'entretien des bâtiments, les travaux à réaliser pour aménager la chapelle, l'atelier, les chambres et les lieux de vie... Il y a des visiteurs qui quelquefois restent plusieurs jours...

La communauté est pauvre et vit chichement. En raison même du petit nombre de moines, chacun doit gagner sa vie par le travail et les dépenses sont limitées au strict nécessaire. Le bien commun est mis au dessus des propres désirs de chacun. Le Père Frans écrit que "bon nombre des anciennes formules manque mais que l'essentiel de la vie monastique a été conservé ; ils forment une famille de chrétiens où tout est partagé, en s'abstenant de courir après la richesse, le confort ou le luxe et en ne recherchant pas le pouvoir personnel".

Voilà donc un très bref résumé de ce qu'écrivait le Père Frans van Haaren en 1975. Il décédera 32 ans plus tard, en 2007, à l'âge de 74 ans, à la suite d'une longue maladie. Je place ici l'annonce de ce décès faite par le Père Caesarius du monastère d'Östanbäcks, en Suède :




ÖSTANBÄCKS KLOSTER Midsommar 2007 (extrait)...
Två sorgebud har nått oss de senaste dagarna: vår trofaste visitator, rådgivare, retreatledare och vän, med minst ett årligt besök från 1988 till 2002, prior Frans v.Haaren i Myrendal kloster på Bornholm, insomnade i frid den 17 juni. Han var i början av 60-talet den självklare ledaren för en grupp unga munkar i det nederländska trappistklostret Achel som tog till sig Andra Vatikankonciliets kallelse till källorna, Evangeliet, som han själv sade, ännu mer än den monastiska traditionen före klostrens klerikalisering. I denna anda tog han emot prästvigningen för nygrundningen med ett par medbröder i den gamla bondgården i Olsker på Bornholm, som efter decennier accepterades officiellt av orden. Kloster Erlach, då i Österrike, som betydde mycket för oss, var ett parallellfenomen och kontakten mellan våra kommuniteter etablerades tidigt. För mig var det var mycket gott om än smärtsamt med tanke på hans tillstånd och dess innebörd för Myrendals framtid att ännu få lov att se honom där med de två medbröderna i slutet av april. Och hans sista ord till mig då med möda men med smilet och den typiska vinken På gensyn är ett minne för hoppet i tron och ett slags underpant på gemenskapen tvärs över den stora gränsen.
Era bröder i Östanbäck genom br.Caesarius

Traduction partielle : ..Le Père Caesarius annonce deux décès, dont celui du Prieur Frans van Haaren, qui s'est éteint paisiblement le 17 juin 2007 ; il évoque le fidèle visiteur, le conseiller, le chef de retraite et ami dont il a reçu au moins une visite annuelle entre 1988 et 2002... Le Père Caesarius a rendu une dernière visite au Père Frans en avril 2007.



Suite à une question posée je pense utile d'apporter quelques précisions quant à la localisation du Monastère d'Östanbäcks. Si cela ne pose pas trop de problèmes pour les utilisateurs de Google Earth , il peut paraître moins évident pour les autres de le situer précisément sur une carte.


Östanbäcks kloster - 733.96 SALA (Suède) - se trouve à plus de 530 km au Nord du Prieuré de Myrendal.



Le monastère d'Östanbäcks est situé à un peu plus de 7 km à l'Ouest de SALA.



Une vue arrière du monastère prise depuis la route qui le longe.

A l'occasion d'un échange par mail, le Père Caesarius m'a précisé que les premiers contacts avec Myrendal et le Père Frans dataient des années 1968/1969 et qu'ils ont perduré au fil des ans.





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25 juillet 2014, j'ai demandé une autorisation au site "saintansgars.com" pour placer sur ma page quelques éléments d'information relatifs au Prieuré de Myrendal que j'ai découverts en "feuilletant" leurs bulletins... En attendant une éventuelle réponse vous trouverez ci-dessous l'essentiel de ce qui a retenu mon attention : extraits de 1966 (création de Myrendal), 1967 (lettre du Père Frans adressée à la Ligue), 1972 (compte rendu d'une rencontre)...

NB : Saint Ansgar (Anschaire, Ansgarius ou Oscar) - né à Amiens (F80) en 801, décédé à Brême (Allemagne) en 865. Appelé l'apôtre des peuples du Nord. Moine de l'abbaye de Corbie (F80), premier évêque de Hambourg, il évangélisa le Danemark et la Suède où il prit le nom d'Ansgar.




L'annonce de la fondation à Myrendal. Il est précisé que sur Bornholm, les Soeurs d'Hedwige ont dû fermer leur institution faute de vocations...


Sur les 4 moines, trois travaillent comme ouvriers agricoles dans des fermes voisines. Le commentaire ajouté par l'éditeur indique que face
aux difficultés rencontrées, des moines bénédictions américains désireux de s'installer au Danemark
étaient pour la plupart déjà rentrés dans leur abbaye d'origine...


Six ans après leur installation deux Frères travaillent toujours à l'extérieur. Les visites
annuelles du Père André Louf sont évoquées et l'humour du Père Frans est souligné...



La Ligue catholique scandinave de Saint Ansgar, à New-York, a cessé l'édition des
bulletins en 2010, année du centenaire de sa fondation. Les Eglises
catholiques des pays concernés assurent désormais l'information.




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15 août 2014, par hasard je dois le dire, j'ai découvert une photo récente, mise en ligne le 25 juillet 2014. Il s'agit de l'intérieur de la chapelle de Myrendal. L'auteur, ayant accompagné cette photographie d'un commentaire précis sur le prieuré, ne pouvait pas n'être qu'un simple touriste ! Il s'agit d'un Prêtre, ami de l'ordre cistercien. Je vais prendre contact avec lui afin d'obtenir son accord pour l'insertion de cette vue sur ma page et aussi pour savoir s'il n'aurait pas profité de son passage à Myrendal pour s'entretenir avec les deux Frères et - pourquoi pas - faire d'autres photographies !


En 1975 la chapelle présentait déjà cet aspect, la couleur permet de mieux apprécier...



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2 septembre 2014, certes je n'ai pas encore de réponse à mes précédentes demandes mais les insertions faites ces derniers temps m'ont amené à de nouvelles recherches. C'est ainsi que j'ai eu le grand plaisir de découvrir une photographie sur laquelle sont présents les deux Frères du Prieuré de Myrendal, Frère Clemens et Frère BO. Cette photo a été prise à l'occasion d'une cérémonie (jubilé d'une religieuse).


Je ne ferai pas de traduction mais vraiment cette photo fait tellement plaisir à voir
que j'en place ci-dessous un agrandissement plus net !



D'après ce qu'il est possible de comprendre les participants à cette cérémonie de sympathie (sept 2013) ne se doutaient pas que les Soeurs Ansvera et Carina auraient rejoint leur maison mère (Soeurs du Précieux-Sang) à Neuenbeken (Allemagne) en février 2014. La mission de Rønne, sur l'île de Bornholm, a été fermée faute de vocations (cf autre article). On ne peut s'empêcher de penser à Myrendal et à ce que va décider le prochain Chapitre général de l'OCSO...




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7 septembre 2014, aujourd'hui j'ai reçu la confirmation que j'ai bien retrouvé un autre Frère des "Six d'Achel". Mais revenons à la chronologie ! Fin juillet 2014 , j'ai découvert sur un site de vente de livres un ouvrage écrit par Niek Werkhoven et Jan Renkema. Sur la quatrième de couverture de ce livre je pouvais lire quelques mots sur chacun des auteurs et j'ai alors pensé que ce Niek Werkhoven ne pouvait être que cet ancien d'Achel parti en 1966 pour fonder Myrendal qu'il avait quitté au début des années 1970. Le montage photo ci-dessous présente le livre "Vermoeden van volheid - Wat bijbelverhalen verhalen" et reprend lisiblement la présentation de Niek Werkhoven.


Agé de 78 ans, a prononcé des voeux de moine en 1962, est entré dans la communauté de Hooge Berkt en 1974...

Il me fallait prendre contact et savoir. Soucieux toutefois de ne pas commettre d'impair, j'ai préféré m'adresser à lui par voie postale plutôt que d'adresser un mail à la communauté de Hooge Berkt (Bergeijk NL). En effet je ne savais pas quelle était la situation exacte de Niek et je pensais qu'il avait quitté l'OCSO.

Dans sa réponse le Frère Niek me confirme qu'il a bien été l'un des "Six d'Achel"; qu'il a quitté Myrendal en 1972 "déçu et désillusionné". Il est alors retourné vers l'abbaye du Mont des Cats et après quelque temps, en 1974, il s'est engagé - avec la permission du Père abbé, Dom André Louf - dans la communauté de Hooge Berkt. Comme il le précise : il n'a jamais quitté l'Ordre.

Après ce contact il m'est permis d'évoquer ici le Frère Niek Werkhoven et de placer ci-après des photographies trouvées sur le Web :


Niek Werkhoven lors de la remise du livre (à gauche)


Une photographie de Niek Werkhoven, datée de 2012 et trouvée
sur une présentation de la communauté de Hooge Berkt



Par courtoisie, il me paraît important de dire quelques mots sur le co-auteur ! Monsieur Jan Renkema est le Président de la communauté De Hooge Berkt qui me semble être un centre d'accueil et une école de la Foi (catholique), des retraites ou séminaires y sont organisés. Jan Renkema est également professeur émérite (linguiste) de l'université de Tilburg ; il est spécialisé dans la conception de documents et dans la recherche et la résolution de problèmes en matière de communication organisationnelle.

S'agissant de la communauté de Hooge Berkt elle dispose d'un site web que vous découvrirez en cliquant sur la photo ! Le Frère Niek a trouvé en 1974 ce qu'il recherchait : une façon de vivre sa foi dans une communauté largement ouverte sur le monde. Je ne sais pas si je développerai davantage un jour mais sachez que le Frère Niek anime des séminaires et des retraites, ses commentaires sur la Bible sont appréciés. A Hooge Berkt interviennent des membres de l'OCSO, de l'OSC et des Prémontrés. J'ai également trouvé plaisant le fait que cette communauté soit implantée à une douzaine de kilomètres de l'abbaye d'Achel !






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Le 18 juin 2015, l'émotion ressentie lorsque j'ai découvert la tombe du Père Frans van Haaren, supérieur du Prieuré de Myrendal (OCSO) de 2002 à 2007 m'a fait comprendre que - peut-être - ma quête n'était pas tout à fait terminée ! Dois-je dire que je ne cherchais rien de particulier ? Que seul le hasard m'a amené sur cette page "facebook" ou depuis quelques années son auteur avait raconté en photos un voyage au Danemark ? Je ne sais pas et je n'ose plus parler d'intuition ! Toujours est-il qu'il y avait là, parmi d'autres vues, cette tombe de l'un des "Six d'Achel" ! L'auteur est celui qui avait mis en ligne l'an dernier (août 2014) une photographie de l'intérieur de la chapelle de Myrendal.


La tombe est dans le cimetière de Sankt Ols Kirke, église de Olsker, à 1,8km du Prieuré de Myrendal

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Nous sommes à la mi-mars 2016 et je n'ai relancé personne, conscient que l'essentiel a été retracé quant à la route choisie par ceux qui furent les "Six d'Achel". J'ai des pensées pleines d'affection pour le Père Pierre de l'Epiphanie qui aura 90 ans cette année et qui l'an dernier a fêté son jubilé de diamant (60 ans de sacerdoce) ! Je pense au Frère Niek Werkhoven avec qui j'aurais bien aimé correspondre davantage ; je n'oublie pas le Frère Clemens de Myrendal et suis désolé de n'avoir pu échanger avec lui ! Il reste un inconnu : David Fransen qui aurait quitté l'OCSO dès 1966. Bien sûr, cher visiteur, je ne manquerai pas de rapporter ici tout élément nouveau.


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Le 16 août 2016, Gerjan de Jong (un ami sur Facebook), en voyage touristique sur l'Ile de Bornholm, a terminé son séjour par une courte visite au prieuré de Myrendal. Seul le Frère Bo était présent et il était tout à la fois surpris et ravi d'accueillir les visiteurs... Gerjan a transmis mes salutations et a fait quelques photos que je me fais un plaisir de placer ici !


Au début de cette page on peut apercevoir le Frère Bo à cette même entrée, c'était il y a une dizaine d'années...



Merci à Gerjan pour ces belles photographies...



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13 septembre 2016, un petit moment d'émotion en découvrant - pour la 1ère fois - sur le site de l'OCSO, une photo du prieuré de Myrendal. Il s'agit de la photo de la chapelle prise par le Père Wolfgang Fabian à l'occasion d'une visite en tant qu' "ami de l'Ordre cistercien" (voir ci-dessus, au 15 août 2014). Soeur Claire, puissiez-vous trouver le temps aussi de compléter un peu l'historique de cette fondation tellement exceptionnelle et indiquer le nom de celui qui en fut le supérieur jusqu'en 2007.


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23 octobre 2016, aujourd'hui est un beau jour pour le Père Pierre de l'Epiphanie ! Il fête ses 90 ans... Bon anniversaire Pierre, que le "Temps qui passe" vous garde en bonne santé encore longtemps.


Le Père Pierre, ancien de l'abbaye d'Achel qui fut l'un des "Six d'Achel" en son temps,
est certainement le seul moine nonagénaire, originaire de cette abbaye, encore en vie !




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25 octobre 2016, l'anniversaire du Père Pierre m'a ramené vers ma page - ou plutôt mes pages - et j'ai recherché si d'aventure il n'était pas possible de retrouver quelque nouvelle des "Six d'Achel" ! Bien m'en a pris ! J'ai retrouvé un article du 5 août 2016 paru dans les nouvelles de l'Eglise catholique au Danemark - Evêché de Copenhague - consacré au 50ème anniversaire de la fondation du Prieuré de Myrendal. Cet article raconte brièvement l'histoire de cette fondation et le nom de chacun des "Six d'Achel" apparaît. J'ai été particulièrement sensible au fait que cet article donnait un lien vers ma page Web en indiquant que des informations détaillées (en français) sur "les Six d'Achel" et l'expérience cistercienne y étaient disponibles ! Je ne sais pas qui a donné cette idée au rédacteur mais je le remercie pour la confiance témoignée.

Cette découverte m'a donné également le plaisir d'une photo récente du Frère Clemens et du Frère Bo. Je suis heureux de placer ci-dessous un extrait de l'article avec le lien qui vous permettra de le découvrir en totalité sur le site de l'Eglise catholique danoise.


Fr Clemens et Fr Bo





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Le 22 janvier 2017 j'ai trouvé le rapport de la réunion régionale néerlandophone de l'OCSO qui s'est tenue à l'abbaye de Westmalle du 22 au 25 février 2010. Ce rapport fait le point sur la situation des différents monastères (effectifs, difficultés, assistance...).

J'ai pensé qu'il fallait faire figurer ici les éléments que j'ai pu recueillir sur ce qui a été dit à l'époque à propos du Prieuré de Myrendal. La photo ci-dessous expose les deux interventions de Dom Daniël, de Zundert, père immédiat de Myrendal. La première intervention répond à un thème de réfléxion sur lequel il devait être travaillé en amont de la réunion : l'avenir de l'Ordre. le Père Daniëls indique : """Le Frère Bo est toujours intéressé par ce qui concerne la région et il se tient informé. Ils n'ont pas discuté autour du thème proposé ; ils ne sont que 2 et il leur est difficile d'être présents à la réunion régionale""".

La deuxième intervention évoque la vie de la petite communauté, ses difficultés et ses perspectives d'avenir sur l'Ile de Bornholm..."""...la composition de la communauté est rappelée : le frère Clemens Vialle, âgé de 70 ans et le frère BoNystrom, âgé de 62 ans. Ils ne sont pas prêtres et aucun autre prêtre ne se trouve en permanence sur Bornholm. C'est dire que les célébrations eucharistiques dans la chapelle sont très limitées. Le dernier point de situation a été fait du 16 au 18 décembre 2009...Après le départ du frère Bas van Vessum à l'automne 2006 et la mort du prieur, le frère Frans van Haaren en juin 2007, les deux frères qui restaient ont eu beaucoup de difficultés à faire face mais il semble qu'après deux années ils aient trouvé un nouvel équilibre. Bien qu'ils ne soient que 2 et âgés ils sont fidèles au rythme de la vie monastique. L'atmosphère est plus détendue et à l'heure actuelle il n'y a pas de situation qui exige une solution rapide. La question qui se pose est celle des possibilités futures pour les frères, les options sont très limitées. Il apparait préférable d'attendre au moins jusqu'à l'âge de la retraite du frère BO (plus de 2 ans) mais il n'est pas exclu, a priori, que cette période soit plus longue. Bien sûr la préoccupation reste l'éloignement (isolement) et la vieillesse..."""



Nous sommes en 2017, le frère Clemens a 77 ans, le frère Bo 69 ans ! Regardez à nouveau la photo du 5 août 2016 (50ème anniversaire de la fondation de Myrendal)... Chapeau, Non ?




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gerarddesaintmars - 2007-2017